Littérature française, Littérature générale

De mon plein gré, de Mathilde Forget – sortie le 24 mars 2021

Ce roman de 140 pages paraît aujourd’hui chez Grasset, dans la catégorie Littérature générale. Je vous donne ci-dessous mon avis.

Résumé de l’éditeur :

Elle a passé la nuit avec un homme et est venue se présenter à la police. Alors ce dimanche matin, au deuxième étage du commissariat, une enquête est en cours. L’haleine encore vive de trop de rhum coca, elle est interrogée par le Major, bourru et bienveillant, puis par Jeanne, aux avant-bras tatoués, et enfin par Carole qui vapote et humilie son collègue sans discontinuer.

Elle est expertisée psychologiquement, ses empreintes sont relevées, un avocat prépare déjà sa défense, ses amis lui tournent le dos, alors elle ne sait plus exactement. S’est-elle livrée à la police elle-même après avoir commis l’irréparable, cette nuit-là ?

Inspiré de l’histoire de l’auteure, De mon plein gré est bref, haletant, vibrant au rythme d’une ritournelle de questions qui semblent autant d’accusations. Mathilde Forget dessine l’ambiguïté des mots, des situations et du regard social sur les agressions sexuelles à travers un objet littéraire étonnant, d’une grâce presque ludique. Il se lit comme une enquête et dévoile peu à peu la violence inouïe du drame et de la suspicion qui plane très souvent sur sa victime.

Mon avis :

J’ai lu ce livre il y a quelques temps, et j’attendais sa sortie pour vous en parler. Je dois avant tout préciser que le sujet abordé est particulièrement grave et fort et que la lecture de ce livre ne laisse pas indemne.

Difficile d’en parler sans trop en dévoiler, mais la force de ce roman est cette écriture particulière et talentueuse de Mathilde Forget, dans un format court (140 pages) qui permet de ne pas rester complètement en apnée face à ce sujet difficile.

Une femme raconte son histoire. Un dimanche matin du mois d’octobre, elle se rend seule au commissariat, de son plein gré, après avoir subi une agression. Elle est choquée, se sent sale, transpire beaucoup. Elle a honte et se sent coupable. Elle doit désormais « tout reprendre depuis le début », face à un Major qui l’interroge pour comprendre. Les mots sont en effet importants pour décrire les maux, et malgré l’épreuve qu’elle vient de subir elle doit faire face au doute, au relevé d’indices, aux interrogatoires, afin de reconstituer les événements de la nuit et dévoiler ainsi la vérité.

C’est un livre qui se lit d’une traite, et qui se relit pour mieux comprendre. C’est un récit difficile sur la douleur de porter plainte et la triste réalité de ce traumatisme. La narratrice perd ses repères, ses amis lui tournent le dos, elle se sent seule. L’auteure décrit avec beaucoup de réalisme l’état psychologique dans lequel la narratrice se trouve. Le doute s’installe et fait mal, les proches sont interrogés, les crises de panique restent, l’analyse psychologique est fouillée. L’auteure laisse planer des soupçons et la culpabilité est même questionnée, notamment lorsque la narratrice est confrontée à son agresseur pendant l’enquête.

C’est le premier roman que je lis de Mathilde Forget, et ce ne sera sans doute pas le dernier.

Je remercie les éditions Grasset et NetGalley pour cette lecture poignante, révoltante, mais criante de vérité.

Note : 4.5 sur 5.

Ils/elles en parlent aussi : Matatoune et Balades en livres.

Et vous, connaissez-vous cette auteure ? Avez-vous déjà lu ce roman, ou « A la demande d’un tiers » ? Si oui, qu’avez-vous pensé de ce livre ? Si non, est-ce que ce roman vous tente ?

A bientôt !!

K.

3 réflexions au sujet de “De mon plein gré, de Mathilde Forget – sortie le 24 mars 2021”

  1. Sujet trop lourd. Ayant vécu une tournante quand j’étais adolescente, je me dispense de ce genre de lecture
    Généralement, ça m’énerve. La justice ne fait rien, la victime est coupable….et ça ne va pas en s’arrangeant. Je préfère garder la tête légère pour continuer à venir en aide aux victimes 😉

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  2. J’aime les livres qui bousculent, je viens de lire il y a quelques semaines Trancher de Amélie Cordonnier sur la violence verbale au sein d’un couple, j’ai été remuée et choquée et j’ai du mal à passer à autre chose. La force de la littérature…

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