Littérature française, Littérature générale

Le Bazar du zèbre à pois, de Raphaëlle Giordano

Ce roman de 288 pages est paru en janvier chez Plon, dans la catégorie Littérature générale. Je vous donne ci-dessous mon avis. Il s’agit d’une nouvelle lecture commune avec wanderlustmum13.

Résumé de l’éditeur :

« Je m’appelle Basile. J’ai commencé ma vie en montrant ma lune. Est-ce pour cela que j’ai toujours eu l’impression de venir d’une autre planète ? Je n’ai pourtant pas compris tout de suite de quel bois j’étais fait. Peut-être plus un bois de Gepetto que de meuble Ikea.»

Basile, inventeur, agitateur de neurones au génie décalé, nous embarque dans un univers poético-artistique qui chatouille l’esprit et le sort des chemins étriqués du conformisme. De retour à Mont-Venus, il décide d’ouvrir un commerce du troisième type : une boutique d’objets provocateurs. D’émotions, de sensations, de réflexion. Une boutique « comportementaliste », des créations qui titillent l’imagination, la créativité, et poussent l’esprit à s’éveiller à un mode de pensée plus audacieux ! Le nom de ce lieu pas comme les autres ? Le Bazar du zèbre à pois.

Giulia, talentueux « nez », n’en est pas moins désabusée de cantonner son talent à la conception de produits d’hygiène. Elle rêve de sortir le parfum de ses ornières de simple « sent-bon » et de retrouver un supplément d’âme à son métier.

Arthur, son fils, ado rebelle, fâché avec le système, a, lui, pour seul exutoire, ses créations à ciel ouvert. Il a le street art pour faire entendre sa voix, en se demandant bien quelle pourra être sa voie dans ce monde qui n’a pas l’air de vouloir lui faire une place.

Trois atypiques, trois électrons libres dans l’âme. Quand leurs trajectoires vont se croiser, l’ordre des choses en sera à jamais bousculé. C’est à ça que l’on reconnaît les « rencontres-silex ». Elles font des étincelles… Le champ des possibles s’ouvre et les horizons s’élargissent.

Comme dans un système de co-création, ils vont « s’émulsionner les uns les autres » pour s’inventer un chemin, plus libre, plus ouvert, plus heureux….

Louise Morteuil, elle, est rédactrice en chef du Journal de la Ville et directrice de l’association Civilissime. Elle se fait une haute idée du rôle qu’elle doit jouer pour porter les valeurs auxquelles elle croit : Cadre, Culture, Civisme… Choc des univers. Forte de ses convictions en faveur du bien commun, elle se fait un devoir de mettre des bâtons dans les roues du Bazar du zèbre à pois…

Une galerie de personnages passionnés, sensibles et truculents, des embûches et surprises, des objets aussi magiques que poétiques, de l’adversité et de l’amour, l’art de se détacher des entraves par l’audace, de se libérer de la peur en osant… Le nouveau roman de Raphaëlle Giordano donne l’envie de mettre plus de vie dans sa vie et de s’approprier la philosophie phare et novatrice du zèbre : « l’audacité ».

Mon avis :

Avec ce titre, je retrouve la plume de Raphaëlle Giordano, avec un roman original qui met en valeur le potentiel de chacun et nous parle avec bienveillance de la zèbritude.

Basile Vega est maladroit, hypersensible, un peu différent, particulièrement créatif. Adolescent, il connaît des micro-harcèlements au collège et a du mal à trouver sa place. Après quelques déboires, notamment amoureux, à 42 ans, il vient d’ouvrir une boutique à Mont-Venus, le Bazar du zèbre à pois, où il présente ses inventions originales qui constituent des pièces uniques. Il rencontre dans sa boutique Arthur, un adolescent estampillé cancre et en échec scolaire. Basile voit immédiatement le potentiel créatif et artistique d’Arthur. Il l’encourage, lui fait confiance, lui donne sa chance alors qu’il le connait à peine.

Il y a également Giulia, la mère d’Arthur, qui ne jette pas l’éponge malgré les difficultés qu’elle rencontre avec son fils, qu’elle élève seule. Elle essaie de tout concilier – son rôle de maman, sa vie professionnelle, ses rêves. Son travail de « nez » ne la fait plus vibrer comme avant, elle cherche autre chose dans la vie. Grâce à Basile, elle va oser se lancer dans un projet chronophage mais qui la passionne.

Louise Morteuil, rédactrice en chef de La Dépêche du Mont et responsable de l’association Civilissime, est un autre personnage féminin important dans ce roman. Par le biais de son association, elle souhaite redonner des repères et prône des valeurs fortes autour d’une discipline stricte, de la morale et du goût de l’effort, notamment. Lorsque Louise découvre la boutique comportementaliste de Basile, elle ne comprend absolument pas sa philosophie et va tout faire pour le gêner dans cette nouvelle entreprise. Le lecteur finira par comprendre ses motivations profondes.

J’ai bien aimé les personnages d’Arthur et de Giulia et m’y suis facilement attachée. Je me suis retrouvée un peu dans le personnage de Giulia, qui s’interroge sur sa vie professionnelle et son rôle de maman. J’ai aimé les questionnements de Basile, comme celui des modalités d’appartenance à un groupe tout en trouvant et en conservant sa singularité. J’ai apprécié les questions autour de la parentalité et du rôle de l’éducation nationale, ainsi que les citations présentes dans ce roman, comme celles d’Ajahn Chah, maître de méditation. J’ai aimé le rôle de la boutique, qui amène à se poser des questions, et tout ce qui touche à la stimulation du cerveau droit, l’idéal étant sans doute de trouver un équilibre entre les deux hémisphères. J’ai apprécié le discours de Basile dénonçant notamment la surconsommation et l’éternelle insatisfaction qu’elle génère. L’évolution des personnages, et plus particulièrement celui de Louise, est intéressante et instructive. Par contre, j’ai trouvé le personnage de Paul surnommé Pollux franchement caricatural et la fin un peu trop facile.

Ce roman m’a fait penser, à différents niveaux, au Fabuleux voyage du carnet des silences, livre dans lequel un personnage et un objet vont faire réagir et évoluer toute une galerie de personnages. Le carnet de voyage mémoriel m’y a notamment fait penser, ainsi que la relation entre Basile et Giulia. Pendant ma lecture, j’ai également fait le rapprochement avec un ouvrage que j’avais lu cet été sur les enfants atypiques, Ingérable ou atypique, de Claire Stride. Il est clair que je ne suis pas une spécialiste de la zèbritude et que ce roman a sans doute une résonance différente dans le corps enseignant ou pour les professionnels intervenant auprès de personnes qualifiées de zèbres.

A la fin de cet ouvrage, l’auteure nous offre un petit lexique utile des termes utilisés, inventés ou non, comme l’audacité, un audaciel, la sérenpidité, par exemple. Elle rappelle un constat simple et efficace : l’acceptation de la différence est l’affaire de tous.

Je remercie les éditions Plon et NetGalley pour cette lecture qui amène à la réflexion.

Note : 4 sur 5.

L’avis de wanderlustmum13 :

J’avoue que cette lecture me faisait un peu peur. Mes dernières lectures feel-good n’ayant pas vraiment réussi à m’embarquer autant que je l’aurais souhaité, je pensais ne plus être en phase avec le genre. De plus, le thème de l’hypersensibilité, du haut potentiel et plus largement de la zébritude fait particulièrement écho chez moi. J’avais peur de trouver dans ce livre une série de poncifs made in Facebook ou d’éléments de théorie emmenés de façon pas toujours à propos, mais j’ai été très agréablement surprise. Les écrits de Jeanne Siaud Facchin, spécialiste des questions liées à la douance et au haut potentiel ne sont pas bien loin, certes. Toutefois le style frais de Raphaëlle Giordano a su me réconcilier avec ces lectures légères et a pu me laisser par moments avec les yeux humides. Oui, Le bazar du zèbre à pois est un livre qui a une vocation de coaching, mais c’est aussi un vrai joli roman et j’avoue que j’aurais aimé rester en compagnie de ce joyeux troupeau de zèbres un peu plus longtemps.

Vous l’aurez compris, wanderlustmum13 a adoré ce roman. Vous trouverez son avis complet ici.

Ils/elles en parlent aussi : Sharon, Lilou, Passions Addict, Entre Deux Livres, Rowena bookine, myprettybooks.

Et vous, avez-vous déjà lu ce roman, ou un autre livre de Raphaëlle Giordano ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Si non, est-ce que ce roman vous tente ?

A bientôt !!

K.

10 réflexions au sujet de “Le Bazar du zèbre à pois, de Raphaëlle Giordano”

  1. Hello, j’ai lu Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, mais celui-ci me tente bien 🙂 Merci pour ta chronique. Bon samedi 🙂

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